Le onze onze onze, à onze heures onze

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Comme l’indique le titre, ce 11 novembre 2011, à 11 h 11 précises, a été annoncé le coup d’envoi de domscoy.fr. On y retrouve tout ce qu’on trouve habituellement sur la plupart des blogs, des posts, billets ou messages personnels parlant de tout et rien, selon les avatars du quotidien. On peut également y parcourir des articles un plus élaborés, traitant de sujets d’actualité vus par le petit bout de la lorgnette, comme disaient Jacques Martin et son équipe au bon temps où le télévision était intelligente. D’ailleurs ça me fait penser qu’un de ces quatre je parlerai de cette émission culte. Il y a quelques mois, je me suis replongé dans cette savoureuse ambiance à travers la lecture du dernier livre de Pierre Bonte au titre évocateur : « C’était le bon temps ».

domscoy.fr est construit sur une structure commune à tous les blogs, avec un espace interactif offrant aux visiteurs la possibilité donnée de laisser des commentaires. Le commentaire est essentiel pour le webmaster, c’est une reconnaissance, un retour. C’est comme de dire à l’hôte qui nous reçoit que sa table est bonne. Le commentaire, déposé sur un blog ou un livre d’or, c’est aussi un signe d’amitié. Mais c’est avant tout un partage, on laisse un avis, positif ou pas, on engage le dialogue. A travers un commentaire, on montre qu’on n’est pas indifférent, qu’on ne se fiche pas de tout, qu’on s’intéresse. Un blog c’est fait pour ça. Rien de plus triste qu’un livre d’or déserté, qu’un forum vide, qu’un blog sans commentaire.

Dans la rédaction des textes et le choix des images, je privilégie l’humour comme je l’ai toujours fait. Le sens de l’humour est un sens indispensable et je plains ô combien les gens qui ne l’ont pas. Les rabats-joie sont hermétiques à la joie de vivre. Il faut savoir rire de tout, sans tirer des conclusions hâtives du genre « si tu racontes une blague raciste alors tu es raciste ». Quelle étroitesse d’esprit ! On peut et on doit savoir rire de choses graves, prendre le tragique au second degré. Les humoristes sont des bienfaiteurs de l’humanité, l’humour est une formidable thérapie, rire est salutaire, l’humour permet bien souvent de s’acquitter d’une situation ambarrasante ou pénible. Si on riait un peu plus dans les Etats-Majors, on ne déciderait pas d’engendrer des conflits meurtriers. Celui qui fait rire séduit aussitôt, toutes les filles sont sensibles aux garçons qui les font rire. Les gens ont besoin de rire. C’est capital. Je me souviens de ce dessin terriblement drôle à la une de Charlie-Hebdo, il représentait un cercueil qui marche, par les jambes du défunt qui dépassent, il avait pour légende : « Reiser va mieux, il est allé au cimetière à pied ». La douleur de ses amis leur avait inspiré ce dernier sursaut d’humour, parce que the show must go on aussi pour les professionnels de la boutade qui se doivent de rire de tout, y compris de la mort, lui faire un pied de nez. Hélas, ce journal est devenu la cible d’une catégorie de population transméditerranéenne, belliqueuse par nature, pour qui l’humour est un sens interdit.

Considérez domscoy.fr comme un bistrot offrant son comptoir aux conversations les plus diverses, un café de village dans lequel il n’est pas interdit de fumer et où on peut se pinter la gueule jusqu’à plus soif, jusqu’à avoir 1 gramme de sang dans l’alcool. Ici on peut tout dire, tout déballer. Pas de censure, on se lâche. Les politiquement corrects ne sont pas les bienvenus. Je suis pour la liberté d’expression dans toute sa dimension. Des humoristes et certains auteurs ont façonné ma vision des choses, Brassens, Gotlib, Reiser, Blier (Bertrand), Desproges, Coluche, Bigard, ce sont de grands philosophes. Alors que j’étais ado, j’ai eu la chance de connaître la félicité des années 70, époque des libertés post-soixanthuitardes. A travers les moeurs, un certain renouveau s’emparait de la France, on assistait à une sorte de renaissance, les artistes engagés faisaient figures de prophètes, c’était les années folles version seventies.

Depuis, l’enthousiasme s’est un peu estompé, la télévision est devenue bétifiante, on a vu fleurir des radars, les normes oppressives et les procédures imposent leur dictature, les interdits nous compliquent l’existence un peu plus chaque jour, l’Europe est endettée et l’atmosphère se réchauffe. En revanche nous connaissons aujourd’hui une avancée fulgurante en matière de technologie et c’est cet aspect qui me permettra de terminer sur une note optimiste. Au-delà des ordinateurs et des téléphones portables, des écrans plats 3D, des appareils numériques de toutes sortes qui embellissent notre quotidien, il est un progrès qui mérite plus que tout autre ma reconnaissance envers les ingénieurs du monde entier : internet. Jamais depuis que l’homme existe, il n’a pu communiquer de manière aussi rapide et ludique. Si ce merveilleux média est soumis aux règles draconiennes des empêcheurs de télécharger en rond, si les journalistes en font sans cesse le procès dans une redoutable concurrence, à travers ses sites, ses blogs, ses forums, ses espaces de rencontres et d’échanges, le web restera le trait d’union entre tous les peuples de la Terre, pourvu qu’un écran et un clavier soient présents au bout des coeurs. Laissons le mot de la fin à Michel Polnareff, qui a composé une des plus belles chansons dédiées à internet : « Quand l’écran s’allume, je tape sur mon clavier tous ces mots sans voix qu’on se dit avec les doigts et j’envoie dans la nuit un message pour celle qui me répondra OK pour un rendez-vous. »

A noter : Les articles publiés avant 11 novembre 2011 ont été repris d’un blog plus ancien.

Un commentaire pour Le onze onze onze, à onze heures onze

  1. Pierre dit :

    Au moment où le domscoy blog est relancé urbi et orbi, voilà le moment de revoir le sketch de l’inoubliable Pierre Desproges dans son dernier spectacle, là où il déclare que son heure préférée est 11 h 11 … Tout Desproges est là, imperturbablement au deuxième degré …
    Et vive le domscoy blog

    Pierre L

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