Tics et tocs de causerie

tchatche1

On a tous des petites manies, c’est dans la nature humaine. Elles sont bénignes, graves, physiques, psychologiques, touchent tous les sens, concernent tout et n’importe quoi, elles se manifestent à tout propos. Les conversations n’échappent pas à la règle, ainsi il est des manies verbales qu’on a tous entendues ici et là, de la bouche de nos proches comme de celle de célébrités ou d’inconnus. Et vous-mêmes, ami(e) lecteur-internaute, dans quelle catégorie vous situez-vous ?

  • Le sivouvouliste (ou situviste)
    Il ponctue ses phrases de "si vous voulez" (ou "si tu veux"), car il s’aperçoit inconsciemment que ce qu’il dit est assez confus.
     
  • Le javouiste
    La moindre constatation est pour lui un aveu, il le reconnait par les "j’avoue" dont il parsème ses dialogues.
     
  • L’attendiste
    Il termine ses phrases par "attends" pour de multiples raisons qui vont du désaccord ou du manque d’arguments.
     
  • Le putainiste et le coniste
    Comme l’explique l’humoriste Patrick Bosso, du côté de Marseille, dans une phrase, "putain" c’est la virgule et "con" c’est le point. A partir de là…
     
  • L’entreguillemetiste
    Il met tout "entre guillemets", une façon de considérer les mots qu’il emploie comme empruntés. Il accompagne parfois l’expression par un geste mimétique des doigts (index et majeur) en forme de crochets. Tic très contagieux.
     
  • Le yapadsouciste
    Pour lui, les problèmes n’existent pas et n’ont jamais existé, il n’y a que des soucis, ou plutôt pas de souci, comme il le confirme à la fin de chaque propos par ses fréquents "y’a pas d’souci !"
     
  • L’ahahahiste
    Il termine ses phrases par un petit rire forcé, un peu gêné, qui n’est pas vraiment un rire mais une façon de détendre le propos.
     
  • Le céclairiste
    Pour lui, tout est clair et limpide, quoiqu’il dise, il affirme continuellement que "c’est clair".
     
  • Le bienévidemmiste
    Il commence ses phrases par "bien évidemment" car pour lui tout n’est qu’évidence.
     
  • Le morderiste
    Il (ou elle) est "mort de rire" (s’emploie toujours au masculin), comme il l’affirme fréquemment.
     
  • L’enfaitiste
    Par l’expression "en fait" qu’il case à tout bout de champ, il se dédouane de faits qui échappent à son contrôle.
     
  • Le tuvoihiste
    Il insère des "tu vois" ou des "vous voyez" dans une explication ou une narration pour aider à visualiser une scène à laquelle son interlocuteur est complètement étranger.
     
  • Le noniste et le heiniste
    Il case un "non ?", un "hein ?", voire un "hè ?" tous les cinq mots.
     
  • Le chtedipiste et le chteracontepiste
    Paradoxe du bavard invétéré, pour lui il est difficile de dire ou de raconter les faits, si on en croit ses "ch’te dis pas" ou ses "ch’te raconte pas" qu’il prononce régulièrement.
     
  • Le carrémiste
    Pas de demi-mesure, il place des "carrément" pour appuyer un acte qu’il juge audacieux.
     
  • Le toutafiste
    Champion du jeu ni oui ni non, il a définitivement remplacé le oui par "tout à fait".
     
  • Le jlecroipiste
    Il confesse ne pas cautionner ses propres paroles par les "j’le crois pas" qu’il emploie pour marquer son étonnement.
     
  • Le genriste
    Il aime faire des comparaisons par le "genre" quelque chose qu’il glisse pour imager ce qu’il raconte.
     
  • L’adoriste
    Il témoigne de son adoration pour tel objet par les "j’adore" dont il use sans modération.
     
  • Le boniste, le beniste et le bahiste
    Il ponctue son discours de "bon", de "ben" ou de "bah" du début à la fin.
     
  • Le désoliste
    A dire sans cesse "j’suis désolé", on se demande s’il l’est vraiment.
     
  • Le deviniste
    Il commence ses phrases par "devine" suivi d’une question, cherchant peut-être à dépister un don de clairvoyance chez ses interlocuteurs.
     
  • L’hyperiste
    Pour lui, ce n’est ni très ni beaucoup, c’est "hyper".
     
  • Le heuiste
    Le "heu" meuble le silence de celui qui cherche ses mots, il peut aussi l’utiliser sciemment pour indiquer qu’il a encore des choses à dire : "Heuuuuu !". Ce tic de langage est mondial et universel.

Terminons par une causerie qui réunit l’ensemble de ces catégories. A la lecture de cette courte histoire, vous allez peut-être reconnaître quelqu’un…

Hier bon ben je suis allé au cirque, tout à fait. Heu… bien évidemment, je ne suis pas accro entre guillemets mais si tu veux j’adore les clowns, j’avoue, ça me fait hyper rire, ah ah ah ! Bah, y’avait pas que moi qui étais mort de rire putain, à côté y’avait une nana genre j’me la pète, tu vois, j’te raconte pas. En fait, elle jacassait grave, con ! Devine ! Elle a carrément déliré quoi, j’le crois pas, y’a pas d’souci ! Hein ? J’suis désolé, attends, c’est une groupie des clowns, c’est clair, non ?

Voir aussi [ Voici venue la soucimania ]


3 commentaires pour Tics et tocs de causerie

  1. Rouletabille dit :

    Doit-on être malheureux si on ne se reconnait dans aucune des catégories ?

  2. Lucas dit :

    Ah oui, vraiment trop bon ! PTDR !
    Quasiment (carrément ?) une étude sémantique des discours autour de la machine à café.

    J’adoooooore !

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