Un pseudo qui sent la Country

cowboy

Pourquoi ce désir de porter un pseudonyme ? Si tant d’artistes ont choisi de conserver leur véritable identité (Bardot, Jugnot, Brassens…), pour quelles raisons d’autres préfèrent-ils exercer leur activité sous un nom d’emprunt, voire plusieurs ? Est-ce par coquetterie ? Est-ce pour préserver l’anonymat ? Est-ce pour faire plus vendeur ? Un peu de tout ça, mon général.

Ce qui motive le choix d’un pseudonyme peut répondre à des raisons plus personnelles, affectives, provocatrices ou fantaisistes. En ce qui me concerne, j’utilise un pseudonyme pour préserver l’anonymat suite à une sollicitation un peu trop insistante, quelques temps après avoir déposé mon nom de famille en nom de domaine (.com). Cela remonte à plusieurs années. Un type portant le même nom que moi m’envoya un e-mail, dont il avait trouvé l’adresse dans le whois, la base de données publique sur internet qui affiche comme un annuaire les coordonnées des propriétaires de domaines dans toutes les extensions, excepté le .fr qui reste anonyme. Dans un flux de questions personnelles, il souhaitait m’intégrer à son arbre généalogique. D’emblée, je n’appréciais pas le fait qu’il me tutoie et qu’il m’appelle « cousin » sous prétexte que nous portons le même nom. Je n’ai pas donné suite à ce mail. Quelques temps plus tard, je reçus une lettre à mon domicile, de mon homonyme qui réitérait son souhait, en se faisant plus envahissant. Ça commençait à m’agacer. J’ai fini par lui répondre, en le vouvoyant pour préserver la distance, que ça ne m’intéressait pas et que je me fichais des arbres généalogiques, cette marotte de vieux qui font parfois de ceux qui en sont passionnés de véritables inquisiteurs. Nous en sommes restés là. Cette anecdote m’a donné à réfléchir. Qu’arriverait-il si un jour, mon nom de famille était étalé sur la place publique ? Je verrais débouler tous les généalogistes brandissant leur arbre à ma porte. Le problème est que je porte un nom assez répandu mais pas célèbre pour un sou. De ce fait, dès que l’un du clan pointe son nez hors de l’anonymat, les autres se rallient à sa cause et sans le vouloir, il devient malgré lui une sorte d’ambassadeur. Ça peut rapidement devenir très encombrant et la tranquillité peut être menacée. Ça commence souvent par un simple mail.

Curieusement, la chose passe sous silence si le nom est très répandu, tels les Martin, les Durand ou les Dupont qui sont noyés dans la masse, leur nombre conséquent les mettant en quelque sorte à l’abri puisqu’ils ont déjà des célébrités qui les représentent au grand jour. Dans le cas des noms publics rares, pas de souci en perspective également, par exemple il n’y a qu’un seul Brassens, exceptés les membres de sa famille, Brassens n’est pas un nom courant. Ce qui était vrai hier, ne l’est plus aujourd’hui, ainsi, Jacques Martin et Georges Brassens, pour ne citer qu’eux, sont devenus célèbres bien avant l’étendue d’internet dans sa dimension mondiale. Car le risque vient d’internet, tout au moins, c’est de là qu’il est arrivé me concernant. Dès l’instant où j’exerce une activité publique sur un support public, il me semble plus prudent de pratiquer sous un pseudonyme pour ne plus être importuné par les farfelus, les sans-gênes, voire les belliqueux, réfractaires à la libre expression. Il n’est pas impossible que je tombe un jour en désaccord avec un lecteur un peu trop entreprenant pour un texte qui le contrarie. Cela m’est arrivé à propos d’un site internet dédié à l’île de la Réunion. Une internaute un tantinet offusquée m’avait littéralement sommé de supprimer un passage dans lequel j’écrivais que le Créole est un dérivé du Français, comme un patois local (ses premiers mots étaient vifs : « AIE MA DOULEUR !!! »). Par une simple phrase, j’avais déclenché un scandale, c’était chaud ! J’ai préféré supprimer le passage critique plutôt que d’entrer en conflit dont l’issue pouvait prendre des proportions démesurées, à la hauteur de l’invective car elle revenait à la charge, la garce. Je la sentais capable d’une investigation sur ma personne pour une connerie. Un auteur n’est pas à l’abri d’une contestation violente, pas plus qu’un chanteur ou une personnalité.

Autre raison : je voulais créer une sorte de personnage, un autre moi-même, comme si je voulais dissocier mon moi de tous les jours de mon moi artistique, ceci dit sans le moindre égocentrisme ni narcissisme d’aucune sorte, pour tout dire, il m’arrive de me trouver insupportable. Cette volonté de dissociation de personnalité touche certainement pas mal d’auteurs, de chanteurs et de comédiens, bien que certains aient légalement et définitivement adopté leur pseudonyme dans la vie courante, c’est le cas d’Elton John qui ne s’appelle plus Reginald Dwight depuis des lustres. Mais ces cas sont rares et difficilement applicables en France, où les lois sont encore très strictes à ce sujet.

Comment choisir son pseudonyme ? N’importe comment, il n’y a pas de règle. Vous pouvez prendre le premier mot qui vous traverse l’esprit, tout est permis, sauf utiliser un nom célèbre ou une marque. Si l’envie vous prend de vouloir vous appeler Herbert-Gonzague de Troulalahitou, pas de problème, vous l’écrivez sur une étiquette autocollante que vous apposez dans la foulée sur votre boîte aux lettres sous votre nom réel. Vous pouvez vous faire adresser votre courrier à ce pseudo (hormis bien sûr le courrier officiel, banque, impôts…) c’est tout à fait légal, la Poste ne peut rien vous dire, ni personne d’autre. Vous pouvez même vous faire faire des cartes de visite à ce nom ronflant et les distribuer à tout va en toute légalité. Amusant, non ?

Qui peut prendre un pseudonyme ? Tout le monde, il n’existe aucune réglementation à ce sujet. Encore faut-il avoir une bonne raison de l’utiliser. Car un pseudo, c’est parfois lourd à porter. S’il s’agit d’un simple surnom, Nono parce que vous vous appelez Arnaud, ou Dédé, Lulu, Bébert, etc, c’est facile, car dans la vie, tous vos amis et votre famille vous appelle ainsi, vous ne faites qu’officialiser ce qui existe déjà depuis si longtemps que vous ne vous souvenez plus à quand remonte la première fois ni qui l’a prononcé le premier. En revanche, s’il s’agit d’un ensemble prénom-nom radicalement nouveau, pour vos proches, ça sent le déguisement patronymique à plein nez. Difficile en effet dans une soirée de se présenter sous le prestigieux label Herbert-Gonzague de Troulalahitou lorsque dans cette même soirée un de vos potes arrive tout sourire vers vous et vous tape sur l’épaule en s’écriant haut et fort pour que tout le monde l’entende : « Salut Nanaaard ! Alors comme ça, toi aussi t’es invité chez Michou ? » Grand moment de solitude, votre superbe vient méchamment de se casser la gueule, vous vous trouvez subitement grotesque et dès demain, à la première heure, vous allez décoller l’étiquette de votre boîte aux lettres. Et balancer toutes vos belles cartes de visite dans la benne à papier. Et redevenir le Vulgus Nanard. Le rêve de s’appeler autrement n’aura pas fait long feu. C’est cruel mais c’est ainsi, si on choisit un pseudonyme, ce n’est pas pour décorer ses entêtes, c’est pour l’utiliser, ça doit servir à quelque chose. Pourtant, bien que vous l’utilisiez consciencieusement dans le cadre d’une activité artistique, vous vous heurtez à un terrible constat car vous vous apercevez que ni vos proches ni vos connaissances, voire votre carnet d’adresses au complet, ne vous appellent sous votre cher et désiré pseudonyme. Vous avez beau signer vos toiles « Troulalahitou » ou vos livres « HGT », impitoyablement, vous restez ce brave Nanard des familles dans votre périmètre proche, c’est ainsi, vous ne pouvez rien y faire. Je sais de quoi je parle pour l’avoir vécu et le vivre encore, et pour longtemps. Seuls, celles et ceux qui ne vous connaissent pas vous honoreront sous votre noble et vertueux patronyme. A ce titre, qu’en est-il de Dom’s Coy ? Est-il heureux ? Est-il épanoui ? Loup y es-tu ? Tout est loin d’être rose.

Au début des années 80, j’habitais Raphèle. Je fréquentais une bande de jeunes, à l’aumônerie de Salon de Provence. Dans cette bande de joyeux drilles toujours en quête de rassemblements, nous étions deux Dominique. Pour nous dissocier, l’aumônier, Pierre de son prénom, eut la très sainte idée d’appeler l’un Doumé et l’autre (moi donc) Dom’s. Avec le temps, ce surnom est resté et restera jusqu’à la fin de mes jours probablement. Il s’est peu à peu substitué à mon véritable prénom dans la vie courante, il ne restait que mes parents et mes frères pour continuer à utiliser mon prénom de baptême, pour les autres, depuis 1980, je suis et ai toujours été Dom’s.

En 2013, avant la sortie de mon premier livre, Bycchryum, les émissaires d’Alnilam, je me posais la question sur la signature de cette œuvre magistrale dans laquelle j’avais puisé le meilleur de moi-même, un livre qui couronne toute une carrière car il raconte « mon » usine sidérurgique à travers l’intervention d’Extraterrestres qui viennent y foutre le bordel. Du pur jus, première pression à froid, que je ne pouvais dignement signer à la va-vite, sans y réfléchir à deux fois. Pas question de balancer dans les vitrines une jolie couverture aux couleurs dominantes noir, bleu et fuchsia avec, en tête, au-dessus du titre, un ordinaire « Dominique Commentquisappellececondéjà », non, il faut que ça en jette, il faut titiller la groupie potentielle, il faut faire blêmir de dépit tous les BHL en puissance, il faut un nom burné. J’ai donc choisi un nom qui a des Coy. Mais ça n’a pas été simple, ça n’est pas venu comme ça, spontanément, je ne me suis pas réveillé un matin en me disant qu’aujourd’hui « my name is Coy, James Coy », plutôt Dom’s Coy en l’occurrence. En 2013, je ne pensais pas que la recherche d’un pseudonyme fut à ce point un véritable parcours mental du combattant, un bouillon de neurones, une prise de tête avec moult remises d’ouvrage sur le métier. Tout y est passé, des anagrammes les plus alambiqués aux appellations les plus invraisemblables. Je m’aperçus douloureusement que même pour la façade, on ne change pas de nom comme on change de t-shirt. C’est que votre moi profond en prend un sacré coup dans la gueule. Imaginez, vous qui lisez ces lignes, que là, paf, vous vous appelez… allez, on va dire Zguionkuvatresky… Alors ? Heureuse ? Pas vraiment hein ? Vous la sentez là, l’importance de ne pas choisir n’importe quoi ? Un pseudonyme c’est comme une seconde peau, on doit être bien dedans, s’y sentir à l’aise, presque avoir comme une petite érection intérieure quand on quelqu’un vous appelle Troulalahitou.

Tandis que mes méninges étaient en ébullition, je me souvins de ces années où le label « Dom’s » parcourait allègrement les affichettes des concerts que je donnais dans les petites salles de la région, à l’époque où je trimballais mon clavier numérique pour m’accompagner dans l’interprétation des chansons d’Elton John (voir l’article qui y est consacré ici). « Dom’s » était populaire et, rendez-vous compte, était publié officiellement sur les programmes et dans la presse ! Mais oui madame. Pourquoi ne pas conserver ce surnom pour en faire un pseudonyme ? Ce qui fut fait. Or, il fallait se rendre à l’évidence. Si ce pseudo d’une syllabe passe bien pour parapher un spectacle qui ne se prend pas vraiment au sérieux, il risque de coincer sur la tranche d’un livre parmi les patronymes illustres des stars de la littérature. Il fallait absolument mettre un truc derrière. Il restait à trouver un nom pour compléter le substantif Dom’s, pas très littéraire à lui seul, vous en conviendrez.

Et là, ça a été un véritable remue-méninge pour dégoter ce fameux nom car la liberté d’un pseudonyme est telle qu’il est possible de choisir absolument tout ce qui vous passe par la tête et de le déposer, cette formidable loi est universelle. Vous vous rendez compte du bazar ? De quoi attraper le tournis, ça donne le vertige face aux possibilités et au choix rien qu’en imaginant des combinaisons de lettres à l’infini. Commençons par éliminer les dénominations impossibles et sujettes à plagiat, sinon à usurpation. En adopter des dérivés ferait passer l’auteur pour un charlot auprès des professionnels de l’édition comme auprès des lecteurs éventuels. La publication d’un ouvrage sous le prestigieux label d’une plume célèbre rendrait son auteur coupable d’imposture, de trahison et de blasphème. Oublions donc les Dom’s Balzac, Dom’s Rampa, Dom’s Peyrefitte, Dom’s Barjavel, Dom’s Simenon… et cherchons quelque chose de radicalement nouveau. Orientons le choix vers ce qui me plaît. Beaucoup de choses, en premier lieu la musique country, plus précisément le bluegrass, la musique de cow-boy. Partons donc du terme cowboy puisqu’il faut bien prendre une base. Dom’s Cowboy ? Bof… pas génial, creusons encore. Dom’s Coby ? Hééé… sympa, mais non. Essayons Dom’s Cowoy… mouais… enlevons le W pour voir… ça donne Dom’s Cooy. Hola ! Quand on sait que look se prononce louc, cool se prononce coul, book se prononce bouc, je vous laisse imaginer comment se prononce cooy. Avec un nom pareil, inutile de prétendre au Goncourt, c’est foutu d’avance même si un jour, pris d’une inspiration foudroyante, je ponds un truc potentiellement goncourable, faisant passer Romain Gary au rang des amateurs. Et un O est supprimé dans l’urgence pour donner le Coy définitif, pseudo également obtenu à partir des C, O et Y de Country. A croire qu’il semble presque prédestiné. Le défi est inconsciemment de trouver un nom court, le plus court possible, de façon à ce que l’ensemble prénom/nom donne deux syllabes. Et voilà ! C’est pas plus compliqué que ça. Enfin si, ce nom est l’aboutissement de jours et de jours d’un intense tripatouillage, réfléchissage, anagrammage, renonçage, décourageage, recommençage, abandonnage, décidage et finalement adoptage. Trop content d’avoir enfin trouvé mon nom et d’en signer illico mon premier ouvrage, je ne m’étais pas posé la question de sa signification jusqu’à ce qu’une amie me dise « c’est drôle que tu aies choisi de t’appeler Dom’s Timide », car coy est un adjectif anglais qui signifie timide. Quelle imprudence ! Ma connaissance de l’Anglais aurait dû m’interpeller, fort heureusement je connais la signification de certains termes tendancieux aussi ai-je prudemment évité les Dom’s Fuck, Dom’s Shit et autres Dom’s Bloody. Ouf ! Je reviens de loin !


On peut s’appeler Timide et être très populaire.

Le bouillonnement cérébral apaisé et Bycchryum pompeusement signé, il me restait à déposer sans tarder le bazar sous forme de nom de domaine, domscoy.fr. Parenthèse sur l’extension : pourquoi .fr et pas .com ? Parce que l’extension .com est internationale et donc soumise aux lois internationales, à savoir la diffusion sur une base de données des coordonnées complètes (identité, adresse, téléphone, mail) de tous les propriétaires de domaines et des registrars, sociétés auprès desquelles sont déposés les domaines (OVH, Gandhi, 1&1…). Cette base s’appelle le Whois (de l’anglais Who is : qui est ?), elle est consultable par tous les internautes. Elle contient toutes les informations sur les centaines de millions de domaines existants, qu’ils soient en com, fr, net, org, etc, etc. Il s’en crée des milliers par jour à travers le monde qui alimentent cette base. L’avantage du .fr est qu’il est français et de ce fait protégé par une loi française, la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) qui préserve l’anonymat de son propriétaire. Fermons la parenthèse. Et voilà Dom’s Coy mondialement connu. Impossible de revenir en arrière au prix d’un incommensurable annule-et-remplace, dans l’éventualité où j’aurais subitement envie de changer de pseudo en cours de route alors que Coy commence à peine à s’affirmer. Le coup de gomme serait à ce point gigantesque qu’il nécessiterait de détruire mes livres déjà publiés pour les retirer en centaines d’exemplaires et de refaire l’intégralité des sites que j’ai réalisés sous l’étendard domscoy.fr et ses dérivés (cevennes.domscoy.fr, 30ans.domscoy.fr, perigord.domscoy.fr, etc), sans parler des démarches auprès des hébergeurs car tout serait à recommencer. Soulignons encore au passage l’importance d’être sûr de son coup et de ne pas jouer les girouettes. L’indécision a ses limites.

Donc, sûr de mon coup, je décide joyeusement, au bout du cinquième livre, de faire notifier mon pseudonyme sur ma carte d’identité. Au préalable, il me faut obtenir un précieux document à remettre en mairie avec le formulaire de demande de renouvellement : l’acte de notoriété (de Dom’s Coy). Fort des préceptes enseignés sur la toile, avec la foi du charbonnier, j’entame la démarche par un courrier adressé au juge du tribunal d’instance de ma ville, habilité à établir cet acte, en y joignant les précieux justificatifs, coordonnées des deux témoins, photocopies des couvertures de mes ouvrages et autres références recueillies auprès de la toute-puissante BNF (Bibliothèque Nationale de France), siège du dépôt légal desdites œuvres. Je me dis, mon p’tit juge, je vais t’en mettre plein les mirettes, comment que tu vas dérouler le tapis rouge pour m’accueillir dans ton burelingue en compagnie de mes deux témoins pour me remettre ton papelard. Penses-tu ! Sa secrétaire n’a pas tardé à me renvoyer ma lettre et mes pièces jointes en me disant de m’adresser au tribunal d’Aix en Provence. OK. Je recommence ma bafouille largement assaisonnée de salamalecs avec, à nouveau mes références en couleurs et tout le merdier en me disant plein d’espoir qu’à Aix, le tapis doit être plus écarlate qu’à Salon. Tu vas pas le croire, la semaine suivante, rebelote, ma lettre et mes belles photocopies reviennent à la case départ avec mention de m’adresser au tribunal de ma ville. Hé les mecs, faudrait pas me prendre pour une balle de tennis. Je retourne donc le courrier au tribunal de départ en leur spécifiant le pourquoi du comment du parce que c’est Aix qui a décidé alors t’as qu’à faire ton boulot et basta. Et la lettre de me revenir one more time avec cette fois-ci l’invitation à me rapprocher d’un notaire. Vous pensez décourager le Coy nouveau dans sa longue odyssée juridique ? C’est mal connaître le pionnier qui sommeille derrière ma plume, les p’tits gars. Quelques semaines plus tard, toujours motivé (y faut !), je rencontre un notaire que je connais de longue date, sur Arles en lui exposant, par le menu, grosso-modo la même histoire que j’ai déballée aux juges. Et là je vois se matérialiser un énorme point d’interrogation au-dessus de la tête de mon interlocuteur, le maître semble ne pas comprendre le sens de ma démarche, me précise que pour établir un acte de notoriété, la personne doit être décédée, bref c’est mal barré. Moi j’insiste en affirmant que ce que je demande n’est pas fantaisiste mais tout à fait légitime, que ça se pratique et que je suis prêt à aligner les zéros pour honorer ses honoraires. Remballe ton chéquier, pas la peine de faire des plans sur la comète, mon gars, l’autre en face, il tombe des nues, c’est la première fois qu’on lui demande un truc pareil dans sa carrière entre deux compromis de vente immobilière alors de ton pseudo, il s’en bat les coy ! Booon… mais j’ai pas dit mon dernier mot. Je ne tarde pas à contacter un notaire de ma ville par téléphone. Je tombe sur sa secrétaire, qui, comme toutes les secrétaires-adjudants, me pose des questions sur ma démarche. J’ai presque envie de lui dire que ça ne la concerne pas et que je souhaite traiter directement avec le notaire mais, bonne pomme, je lui soumets le détail de mes doléances. La donzelle me tient quasiment le même langage que le notaire d’Arles, elle ne comprend pas ce que je veux et tente une manœuvre de découragement, la garce, en m’annonçant qu’aucun notaire ne peut établir d’acte de notoriété pour une personne vivante. Sans blague ? Je vais pas me flinguer pour voir figurer mon pseudo sur ma carte d’identité ? Pas envie d’une gloire posthume, moi, non non, madame, c’est vivant que je veux mon acte, vous comprenez ? Non, a comprend pô, a raccroche. Et merde ! Si les juges et les notaires ne sont pas capables de m’établir cet acte, qui peut le faire ? Le pape ? Le président de la République ? Bon, Rome c’est un peu loin, je vais faire un saut à Matignon la prochaine fois que je monte à Paris, on sait jamais.

Il paraît que la société des gens de lettres à Paris (SGDL), peut établir cet acte mais je ne suis plus en très bon terme avec eux depuis qu’ils m’ont chié dans les bottes. Alors oublions. Par le passé, je leur envoyais ma prose pour dépôt mais depuis qu’ils m’ont paumé un chèque et décacheté l’enveloppe que j’avais scellée, contenant mon manuscrit, croyant trouver le chèque à l’intérieur, je les ai laissé tomber. Faut vraiment être con de la part de professionnels rigoureux sur la procédure de dépôt de détruire la preuve de ce dépôt en décachetant l’enveloppe justificative. Ne me parlez plus de la SGDL, c’est des rigolos.

Et pour couronner le tout, un beau jour, il me fut impossible de me connecter à ma page du réseau social mondialement connu sur laquelle Dom’s Coy s’épanouissait en toute liberté, ivre de vie et de bonheur tragique. Plutôt que de voir sur mon écran la page d’accueil du réseau avec les champs adresse mail et mot de passe à remplir, je tombe sur un formulaire m’invitant à saisir ma véritable identité car il a été détecté que Dom’s Coy n’est pas mon vrai nom et que c’est paaas bien de s’inscrire sous un faux nom. Mais si, bande de nazes, c’est mon vrai nom ! Mon nom de plume, mon nom d’artiste, celui sous lequel j’ai envie que mes «amis» du réseau me connaissent, qu’est-ce qu’ils en ont à braire de Dominique Commentquisappellececondéjà ! Peu importe les difficultés qui parsèment la route de ce pauvre Coy, il continue d’avancer, à la mesure de sa prose et de ses créations sur internet. Il ne suscite pas franchement l’enthousiasme mais il s’en fout. Il voyage en solitaire et nul ne l’oblige à se taire, il est libre Dom’s, y’en a même qui disent qu’ils l’ont vu voler.



Conditions d’utilisation d’un pseudonyme
Direction de l’information légale et administrative (Premier ministre),
Ministère en charge de l’intérieur

Les conditions d’utilisation d’un pseudonyme ne font l’objet d’aucune réglementation particulière. Il s’agit d’un nom d’emprunt, librement choisi par une personne pour dissimuler au public son identité réelle dans l’exercice d’une activité particulière. Le pseudonyme est notamment utilisé dans le domaine littéraire ou artistique : nom de plume pour les écrivains, nom de scène ou nom d’artiste pour les activités liées au spectacle… Le pseudo est utilisable pour signer une œuvre par exemple.

Utilisation du pseudonyme

Une personne peut choisir librement un pseudonyme, voire en utiliser plusieurs en même temps. L’auteur d’une œuvre de l’esprit réalisée sous pseudonyme ou de façon anonyme jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création, du droit d’auteur, droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous. Il peut être représenté par l’éditeur ou le publicateur originaire, tant qu’il ne fait pas connaître son identité civile, par testament notamment. Il est possible de déposer un pseudonyme en tant que marque auprès de l’Institut national de la propriété industrielle (Inpi), pour le protéger. Un architecte peut exercer sous pseudonyme, à condition qu’il soit inscrit au tableau de l’ordre des architectes sous ce nom. Certaines professions ne peuvent pas être exercées sous pseudonyme, par protection de leur clientèle. C’est le cas pour les activités médicales : les médecins, dentistes et sages-femmes ne peuvent pas exercer leur profession sous un pseudonyme.

Limites d’utilisation du pseudonyme

Le pseudonyme ne se substitue pas au nom de naissance. Il ne peut pas être mentionné sur les actes d’état civil (acte de naissance et de mariage) : seul le nom de famille doit y figurer. Le pseudonyme n’est pas transmissible aux enfants, ni aux héritiers. S’ils souhaitent utiliser le pseudonyme d’un parent, les descendants doivent à leur tour en revendiquer l’usage. Le choix du pseudonyme est libre à condition de ne pas porter atteinte à l’ordre public (en présentant un caractère raciste ou injurieux par exemple), et de ne pas s’approprier la renommée d’une personne ou de s’attribuer une parenté. L’usage d’un pseudonyme ne constitue pas un changement de nom, qui suit une procédure particulière. Un auteur utilisant un pseudonyme doit signer tout contrat sous son nom patronymique, avec mention du pseudonyme, et peut y insérer une clause obligeant son éditeur, agent ou manager artistique de ne pas révéler sa véritable identité. l’emprunt du nom d’autrui comme pseudonyme peut constituer une usurpation d’identité justifiant un recours en justice de la part de son titulaire ou de ses ayants droit.

Inscription du pseudonyme sur une pièce d’identité

Il est possible de faire figurer un pseudonyme à la suite du nom de famille sur sa carte nationale d’identité si sa notoriété est confirmée par un usage constant. Lors du dépôt de la demande, il faut produire un acte de notoriété, soit établi par le juge du tribunal d’instance, dans les tribunaux qui le proposent, soit délivré par un notaire, ou une attestation de l’organisme professionnel auprès duquel l’activité sous pseudonyme est exercée (artistes, comédiens, etc.). L’administration dispose toutefois d’un pouvoir d’appréciation en la matière et peut refuser l’inscription. Il n’est pas possible d’inscrire un pseudonyme sur un passeport.

Source : service-public.fr

Dom’s, attesté et signé par les plus grands

3 commentaires pour Un pseudo qui sent la Country

  1. Fabrice dit :

    Je ne te connaissais pas timide !

  2. Fontaine Hervé dit :

    OK bien compris ces démarches .pas simple la vie !!!amitiés .Hervé ;

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Combien font : *
14 + 12 =


Voir les partages
Share On Facebook
Share On Twitter
Share On Google Plus
Share On Linkedin
Masquer les partages